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Vraiment
vous n'êtes pas timide? Jamais?
Ne
vous est-il jamais arrivé de revivre, à certains moments,
des phases de timidité héritées de l'enfance où la machine
s'emballe? Devant un auditoire, par exemple.
A
quoi peut ressembler un timide?
Le
timide est un sensitif : tel événement qui, pour un
autre, passerait inaperçu, a sa répercussion dans tout
son être.
Une
froideur apparente, un regard qui ne lui semble pas
sympathique le blesse, et ceci d'autant plus fort que
son défaut l'isole, tout en développant en lui une grande
perspicacité.
Mais
comme ces observations sont basées sur des indices et
non sur des faits, comme ces jugements sont édifiés
sur des détails longuement commentés, mais partant souvent
d'une donnée fausse, il arrive que le timide se prépare
bien des souffrances inutiles, dont la confidence surprendrait
fort les gens de raison pondérée.
“On
pourrait, dit le philosophe Yoritomo, comparer la timidité
à un verre grossissant qui souligne et centuplera taille
des infiniment petits, mais qui, n'embrassant qu'un
étroit espace, ne permettrait de voir qu'une faible
partie des choses essentielles.”
Il
est indéniable que la timidité enlève tous les moyens
à ceux dont elle anéantit la volonté.
Ceux
qui en souffrent particulièrement sont ceux que tenaille
l'idée des railleries.
Ce
genre de timidité est, du reste, un des moins intéressants,
car il prend sa source dans un amour-propre exagéré
et dans l'appréhension de ne pas briller suffisamment.
Ainsi
la timidité peut être produite par une croyance exagérée
en son importance, qui fait qu'on s'imagine sentir tous
les yeux fixés sur soi.
Dans
cet état, leur amour-propre, violemment contrarié par
le sentiment de leur infériorité, les aveugle, ils perdent
contenance et commettent toutes les gaucheries qu'ils
redoutaient et qui les rendent parfaitement ridicules.
Une
autre variété de timides sont ceux qu'un besoin méconnu
de sympathie fait se replier sur eux-mêmes, au point
de se trouver étrangers au milieu de tous.
Mais
cette timidité conserve rarement la pureté de ses débuts.
Il s'y greffe très vite l'orgueil de la solitude et
la conviction secrète d'une supériorité à laquelle le
timide attribue l'éloignement des autres.
La
meilleure preuve de cette tendance est qu' avec les
personnes que le timide considère comme inférieures,
il redevient naturel, affable même, et devant les autres,
sa gaucherie farouche se mue en une très louable réserve.
Que
de vies gâchées par la timidité!
La
timidité est une arme redoutable qui a détruit et qui
continue à détruire de nombreuses vies humaines, car
elle empêche l'homme d'oser et lui fait rater toutes
ses chances de vie meilleure.
La
timidité est-elle transmissible?
Du
point de vue biologique, l'enfant ne naît pas timide.
La
timidité n'est pas inscrite dans les gênes. Dans l'état
de la connaissance, il n' y a pas débat sur l'existence
d'un ou plusieurs gênes de la timidité, bien naturellement.
La
timidité peut naître chez les enfants lorsqu'une éducation
maladroite les a rendus farouches et défiants de leur
propre mérite.
Des
évènements hors du cercle familial (écoles, centres
de vacances, ...) peuvent aussi, bien sûr, déclencher
des processus multiples de « timidisation» de l'enfant.
La
timidité peut, également, trouver sa racine dans l'histoire
familiale. Cela peut être un processus insconcient de
mimétisation d'un père ou d'une mère timide.
Ainsi,
on parle de transfert, d'héritage de caractéristiques
humaines d'une génération à une autre.
L'enfant
peut également avoir développé un processus de «timidisation»
résultant d'un caractère opposé de domination d'un des
parents.
Ainsi,
le rôle des parents et des éducateurs est primordial
et il dépend d'eux d'empêcher l'éclosion de cette déviance
ou de ne pas transmettre ses propres mêmes en leur donnant
le sentiment des responsabilités et de leur inculquer
l'orgueil de leur personnalité tout en évitant, naturellement,
de faire naître dans leur esprit un sentiment erroné
de supériorité qui, dans la suite, leur rendrait vaniteux
à tort.
Lorsque
cette fonction importante des parents et éducateurs
est ignorée ou baclée, il existe multiples approches
pour vaincre la timidité de l'enfant ou de l'adulte.
Parallèlement,
il nous semble qu'il convient de rappeler certaines
évidences.
L'activité
de penser, selon certains observateurs avisés, serait
le propre de l'homme. Peut-être qu'une démonstration
évidente est que les animaux et les plantes ne souffriraient
pas de problèmes psychologiques. Ou que nous n'avons
pas les outils de perception adéquate ...
Pour
revenir à la fonction de penser que nous exerçons tous,
il est juste d'ajouter qu'en réalité elle est une activité
compulsive. Très compulsive.
Notre
mental est en permanence occupé par une suite de pensées.
Certaines peuvent être récurrentes pour aboutir à de
l'obsession. Hormis les phases de sommeil, il peut exister
certains laps de temps de répit entre deux pensées,
peut être le temps entre un expir et un inspir.
Prenez
conscience des longs discours intérieurs que l'on se
fabrique du reveil jusqu'au coucher, tous les jours.
La
fonction de penser qui est un formidable et efficace
outil au service de l'homme devient, dans le cas du
timide par exemple, un appareil destructeur.
Ainsi,
c'est la fonction, l'outil qui prend possession de l'utilisateur,
de l'homme en général et en particulier du timide, comme
du prétentieux, ou du colérique, ...
Lorsque
l'outil prend possession de l'utilisateur, nous arrivons
à une situtation où l'individu est pris au piège et
aura toutes les difficultés à s'en sortir tout seul.
Comment
s'en sortir?
Les
mauvais ouvriers se querellent généralement avec leurs
outils.
Le
bon ouvrier doit donc reprendre possession de son outil.
Une
fois ces considérations à caractère général qui permettent
d'identifier, nous le pensons, un des "noeuds du
problème", il convient d'adopter la technique la
meilleure, pour chacun. L'hypnose ou l'autohypnose peut
constituer un outil efficace pour cela.
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