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Je
me souviens d’une de mes premières courses cyclistes,
j’avais l’habitude que ce soit à l’entraînement ou des
courses classiques de faire 100Km sur le plat. Mais
j’adorai la montagne pour sa beauté et l’impression
pour le cycliste de gravir un obstacle incroyable.
Je
ne sais pas ce qui s'est passé dans mon esprit lorsque
j’ai accepté ce défi de 200Km avec 4 cols et l’arrivée
au sommet légendaire de l’Alpe d’Huez. En fait, peut-être
que je le sais. Les grands cyclistes m’avaient fait
rêver avec ce col, je voulais connaître ce qu’il ressentait
en pleine ascension et avec ces 21 virages célèbres.
Mais
physiquement je n’étais pas près, pour faire ce genre
de course il faut s’entraîner en altitude, s’habituer
au manque d’oxygène, etc. Moi, parisien de naissance,
il m’aurait fallu un long stage, mais je n’avais pas
le temps, ni les moyens financiers pour le faire. Je
me suis inscrit juste pour le rêve, pour le symbole…
J’étais
conscient que je n’y allais pas pour faire une bonne
place, car je ne savais même pas si je pouvais aller
jusqu’au bout de la course, le nombre d’abandons est
énorme dans ce genre d’épreuve. J’ai pris le départ
prudemment, c’était en été la chaleur était intense,
la déshydratation nous guettait.
Effectivement,
après 175 Km et 3 cols, je suis arrivé au pied de l’alpe
d’Huez, mais dans quel état ? j’étais totalement épuisé,
mon premier regard se porte sur des cyclistes qui avaient
abandonné, c’est très dur de regarder l’échec…, c’est
tentant de faire la même chose…
Les
premiers coups de pédale sur la première pente étaient
indescriptibles de souffrance, les jambes me brûlaient,
physiquement j’étais vidé, la boisson sucrée ne passait
plus, c’est ce qui se passe en cas de saturation de
sucre.
Honnêtement,
je ne sais pas comment j’ai appuyé sur les pédales avec
la douleur que j’avais aux jambes et un sentiment de
faiblesse dans tout l’organisme. À un moment je tourne
la tête et je vois une spectatrice, assise sur le bas-côté
sur une chaise longue avec une glacière en train de
manger confortablement, c’est à ce moment que tout peut
basculer et que les pensées négatives surgissent: «
Mais qu’est ce que je fais là ? ».
La
différence entre le succès et l'échec est bien l'auto-suggestion
!! si une phrase ne me vient pas à l’esprit en me la
répétant tout au long de l’ascension, j'aurai décroché
c'est certain. Cette phrase est celle-ci : « J’irai
jusqu’au bout ! ».
L’auto-suggestion
si la motivation l’accompagne peut soulever des montagnes.
Je suis arrivé tout en haut, ma famille m’attendait,
je n’ai pas pu descendre de vélo, puisque je suis tombé
sur le côté en arrivant, plus de force de décrocher
la chaussure de ma pédale.
Je
suis absolument incapable de vous dire comment j’y suis
arrivé, logiquement j’aurai dû abandonner quand le corps
ne suit plus, il ne reste que la tête, c’est elle qui
a soutenu l’effort jusqu’en haut et non mon corps.
Malgré
les dizaines de courses participées, si je me souviens
autant de celle-ci et des détails, c’est à cause de
la satisfaction indescriptible d’être arrivée en haut.
Pourquoi ? Je ne me suis pas battu contre les autres,
je me suis battu contre moi-même. Gagner n’a pas d’importance,
on part tous avec un handicap plus ou moins important,
l’essentiel est d’être satisfait de soi-même, d’avoir
le sentiment d’avoir été au-delà de ses possibilités.
L'état
d'esprit d'un sportif doit être la même dans la vie
de tous les jours, l'essentiel n'est pas d'être le meilleur,
de se battre contre la concurrence, c'est d'être satisfait
de soi-même. A partir de là, votre vie sera remplie
de satisfaction. Faites en sorte de donner le meilleur
de vous-même et la vie vous le rendra.
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