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L'air
que nous respirons doit réunir 2 qualités essentielles
: il faut d'abord, bien entendu, qu'il soit respirable
; il doit, en second lieu, être suffisamment sec, ne
pas contenir un excès d'humidité, car l'humidité favorise
la multiplication des microbes pathogènes.
L'air
humide, ingéré dans les poumons d'un malade, augmente
la virulence de ses germes morbides. Il peut être, lui-même,
contaminé par des colonies de microbes qui trouvent
en lui un milieu favorable à leur existence et à leur
développement et auxquels il sert de véhicule, en cas
d'épidémie surtout ; et il peut infecter ainsi un organisme
sain.
L'air
de la nuit, dans notre pays, est presque toujours humide,
sauf en quelques rares localités, d'une situation exceptionnelle.
Il est donc presque toujours dangereux de le respirer
et l'on agira sagement et prudemment en s'abstenant
de l'introduire dans la pièce où l'on dort.
D'autres
raisons militent en faveur de cette abstention.
Le
sommeil est amené par le besoin de repos, pour rendre
à nos organes fatigués l'énergie nécessaire à de nouveaux
efforts. Il se fait alors, en nous, un travail intense
de réparation qu'il importe beaucoup de ne pas troubler.
Pour
cela, les fonctions de la vie se ralentissent le plus
qu'il est possible, sans aller jusqu'à l'arrêt complet
qui serait la mort.
La
respiration, notamment, n'absorbe que la quantité d'air
indispensable, dont la qualité importe peu, pour une
besogne aussi réduite ; il suffit qu'il soit respirable.
Un
air trop vif, tel que l'air froid du dehors, aurait
le grave inconvénient d'augmenter l'activité des fonctions
et de rendre plus léger le sommeil qui doit être profond,
pour être vraiment réparateur et bienfaisant.
Je
mentionnerai, pour mémoire, les coliques, maux d'yeux,
douleurs rhumatismales et autres ennuis, dont certains
fort graves, dus aux fraîcheurs nocturnes. Ceci prouve
ainsi la répugnance invincible, pour cette pratique,
de notre organisme qui est loin d'être aussi docile
que le veut une opinion erronée trop répandue, Ce corps
que l'on ne maîtrise pas à son gré, même avec de la
persévérance, mais qui, au contraire, se révolte toujours
contre une contrainte excessive, et dont la résistance
se traduit par des manifestations morbides, du genre
de celles indiquées plus haut.
Pour
clore ce débat et trancher définitivement la question,
rapportons-nous en aux animaux, nos "frères inférieurs"
dont les sens sont certainement bien plus développés
et probablement plus nombreux que les nôtres et que
leur instinct guide sûrement.
En
matière de conservation et d'hygiène, ils sont nos maîtres,
et le mieux que nous puissions faire est de les imiter.
S'arrangent-ils,
pendant leur sommeil, pour respirer l'air frais de la
nuit ? Pas du tout, ils l'évitent, au contraire. Pour
dormir, l'oiseau met la tête sous l'aile, le chien,
couché en rond, fourre son nez et ses yeux sous son
train de derrière. De même pour le chat et les autres
animaux qui s'abritent, de leur mieux, contre le serein
et la rosée. Ils recherchent, pour la nuit, les lieux
clos et couverts et, pour respirer un air plus pur,
ne se tiennent pas à proximité des fenêtres, lucarnes
et autres ouvertures, mais s'en éloignent tant qu'ils
peuvent et s'installent au bout opposé, où l'air est
le plus confiné et le plus tiède.
Faisons
comme eux, évitons l'air frais du dehors, en tenant,
la nuit, nos fenêtres fermées ; mais il va de soi que
l'air de notre chambre à coucher devra être suffisamment
pur ; et il sera bon, parfois, de le renouveler en ventilant,
pendant quelques minutes, avant de se mettre au lit.
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